Je m’appelle Patricia Alves Nadeau, j’ai 32 ans et je suis doctorante en neuropsychologie clinique à l’Université de Montréal. Mon travail porte sur le vieillissement cognitif, notamment le développement de la maladie d’Alzheimer, chez les personnes ayant une trisomie 21, avec un intérêt particulier pour la réalité québécoise francophone.
Au fil des années, j’ai développé un intérêt profond pour cette population, qui s’enracine aussi dans mon histoire personnelle. J’ai grandi avec une demi-sœur ayant une trisomie 21, ce qui m’a amenée très tôt à me questionner sur sa réalité et sur ce que je comprenais, ou ne comprenais pas, de son quotidien. Avec le temps, ces questionnements se sont transformés en un engagement de recherche plus structuré, porté par le désir de mieux comprendre et de contribuer concrètement à l’amélioration des outils et des services offerts aux personnes ayant une trisomie 21.
L’humain occupe une place centrale dans mon parcours. Avant le doctorat, j’ai travaillé comme répartitrice médicale d’urgence et comme intervenante auprès de personnes vivant avec des troubles de santé mentale. Dans ces contextes, j’ai été confrontée à des situations parfois urgentes, parfois très sensibles, où la qualité de présence, l’écoute et la capacité de s’adapter rapidement à la réalité de l’autre faisaient une réelle différence. Ces expériences ont profondément influencé ma façon d’être dans ma pratique actuelle.
Je suis aussi convaincue que la recherche prend tout son sens lorsqu’elle est construite avec les personnes concernées. C’est dans cet esprit qu’est née ma collaboration avec le RT21. Durant ma maîtrise, alors que je développais mon projet de recherche, j’ai communiqué avec le regroupement en vue d’une collaboration potentielle. Katérie m’a répondu et m’a ensuite mise en contact avec Geneviève, ce qui a marqué le début d’un échange précieux pour la suite du projet.
Depuis, le RT21 m’apporte un soutien essentiel sur le plan du recrutement des participants. Leur implication est précieuse, car elle permet de rejoindre directement les familles et de s’assurer que le projet demeure aligné avec leurs réalités.
Le projet en cours vise à adapter et développer des outils d’évaluation mieux adaptés aux personnes ayant une trisomie 21 dans le contexte québécois francophone. Ces outils sont essentiels, car ils permettent de mieux repérer certains changements cognitifs et fonctionnels dans le temps, alors que les outils standards sont souvent moins sensibles pour cette population. Chaque participation contribue donc directement à combler un manque important et à faire avancer une recherche qui a des retombées concrètes en clinique au Québec.
C’est aussi ce qui guide ma façon de travailler. J’essaie de maintenir une approche à la fois rigoureuse et profondément ancrée dans le vécu des personnes, en gardant toujours en tête que derrière chaque donnée, il y a des histoires, des familles et des réalités bien concrètes.

