Le développement du potentiel des bébés avec une trisomie 21

Par Nicola Carty, orthophoniste

Malgré les défis fréquemment associés à la trisomie 21, les besoins de nos bébés avec trisomie 21 sont essentiellement les mêmes que ceux qui ne présentent pas ce syndrome. (DSEI, 2014). Et, l’espérance de vie atteignant quasiment celle des personnes sans trisomie 21; notre société se doit de les aider à développer leur plein potentiel et leur autonomie.

À l’heure actuelle, nous parvenons à définir un « profil développemental » pour nos enfants avec une trisomie 21, qui inclut leurs forces et leurs faiblesses, (DSEI, 2014). Ainsi, les stades du développement social de nos bébés avec trisomie 21 se passent généralement selon les mêmes attentes que les bébés sans une trisomie 21 : le contact visuel, le premier sourire, etc. De plus, nos bébés avec trisomie 21 ont tout autant de plaisir que nos bébés sans une trisomie 21, dans le développement de leurs habiletés en communication non verbal, le babillage et la communication gestuelle dans les différentes situations sociales (DSEI, 2014). D’ailleurs, les personnes avec une trisomie 21 continuent de développer de bonnes aptitudes sociales, et un comportement social adéquat, tout au long de leur vie.

Toujours dans le cadre de leur « profil développemental », il est important de relever que nos enfants avec une trisomie 21 ont de meilleurs résultats dans leurs apprentissages lorsqu’ils sont réalisés avec un support visuel. Cet impératif est évident dans les domaines de l’acquisition du langage oral et le développement du langage écrit (DSEI, 2014). En réalité, il arrive que nos enfants avec une trisomie 21 apprennent à lire bien avant nos attentes, compte tenu de leurs productions en langage oral expressif. Surtout, retenons que le développement de leurs habiletés en langage écrit contribue de manière très positive au développement de leur vocabulaire (DSEI, 2014).

Côté défis, les enfants avec une trisomie 21 présentent un développement plus lent de leurs habiletés motrices globales (s’assoir, marcher, grimper, courir, etc.) et fines (dessins, écriture, etc.), ainsi que de leur développement oro-moteur (articulation du langage). Il s’agit justement de les accompagner dans leur développement pour défier leurs difficultés motrices afin qu’ils n’accumulent pas de retards dans leur développement cognitif (i.e. exploration de leur environnement, par exemple) ni dans leur expression du langage (recourir à leurs compétences visuelles et gestuelles, par exemple) (DSEI, 2014).

Par ailleurs, il est primordial de se souvenir que leurs compétences en compréhension du langage sont souvent bien supérieures à leurs compétences en expression du langage (DSEI, 2014) afin de leur adresser un langage approprié à leurs capacités réceptives, et ne jamais sous-estimer leurs compétences cognitives. Au niveau du langage expressif, nos enfants avec une trisomie 21 présentent des difficultés spécifiques avec la construction des phrases et la grammaire, mais, le langage écrit contribue de manière très positive au développement de cet aspect (DSEI, 2014).

Enfin, rappelons-nous que les capacités en mémoire verbal à court terme (i.e. retenir de nouveau mots de vocabulaire; retenir des phrases; etc.) sont bien inférieures aux capacités en mémoire visuel à court terme (DSEI, 2014). D’où l’importance, encore une fois, d’employer un matériel visuel systématique (langage écrit, images, etc.) pour accompagner l’enseignement par voie verbale!

Source: Development and learning (2014) Down Syndrome Education International